Evénements

La Journée nationale de la Résistance

  L'Assemblée nationale a instauré le 27 mai comme Journée nationale de la Résistance. Cette journée s'est tenue pour la première fois en 2014. La date du 27 mai fait référence à la 1ère réunion du CNR (Conseil national de la Résistance) qui s'est déroulée le 27 mai 1943 dans l'appartement de René Corbin, au premier étage du 48 rue du Four à Paris. Délégué du Général de Gaulle, Jean Moulin souhaitait instaurer ce Conseil dans le but d'unifier la Résistance.

  Le Conseil national de la Résistance réunit les représentants des huit grands mouvements de Résistance, des deux grands syndicats d'avant-guerre ainsi que les représentants des six principaux partis politiques de la Troisième République. Jean Moulin le préside. Il a, comme secrétaire, Pierre Meunier et, comme secrétaire adjoint, Robert Chambeiron. Pierre Villon (Roger Ginsburger, député communiste de l'Allier pendant plus de 20 ans après la guerre) est l’un des vice-présidents du CNR.

  Après la Libération, le programme d'action de la Résistance, connu sous le nom des Jours heureux, paraît en 1944 et conduit à la mise en œuvre de réformes économiques, sociales et politiques. Il pose les bases du modèle social français.

  La Journée nationale de la Résistance est l'occasion d'une réflexion sur les valeurs de la Résistance.

 

Le massacre de la carrière des Grises (14 août 1944)

   Depuis le 6 juin 1944, les Allemands cherchent à tout prix à sauvegarder le contrôle des grands axes de circulation afin de faire remonter leurs troupes vers la Normandie, puis vers le Nord-Est. Ils mènent une lutte sans merci contre les maquis et n'hésitent pas à s'en prendre aux civils. Les exactions se multiplient. C'est dans ce cadre qu'il faut replacer le massacre de la Carrière des Grises (utilisée par l'occupant comme terrain d'exercice militaire).

   Le 14 août 1944, 42 otages masculins doivent quitter au petit matin la caserne Richemont pour les Grises. Parmi eux, des maquisards, mais aussi des civils ; des Montluçonnais, mais aussi d'autres Bourbonnais et des Creusois. Les otages sont menés en cinq groupes successifs au bord de la fosse où ils sont fusillés. A sept heures, tout est fini.

   Le sous-préfet arrive à faire exhumer les victimes. Beaucoup d’entre elles portent des traces de torture, comme Jean Mathé, membre important de la résistance montluçonnaise. Des volontaires se proposent pour exhumer et faire la toilette des morts qui sont enterrés le lendemain au cimetière de Prémilhat. La population montluçonnaise, loin de se laisser impressionner, veut plus que jamais participer à la libération de sa ville.

Les Journées du Patrimoine

Les adhérents et le président de l'Association seront là pour recevoir les visiteurs et de leur faire découvrir le Musée et l'exposition consacrée à la Résistance dans le Montluçonnais. Tous ceux et celles qui s'intéressent à la Seconde Guerre mondiale trouveront au Musée des objets et des renseignements sur la résistance et la déportation. Musée et exposition sont conçus pour un large public et les enfants sont les bienvenus. L'équipe du Musée prépare une nouvelle exposition et serait heureuse de recevoir tout nouveau renseignement ou document concernant cette période.

20- 25 août 1944 : la libération de Montluçon

   La libération de Montluçon se fait sous la grêle et les orages. Les hommes des maquis sont accueillis avec enthousiasme par la population lors de leur entrée dans la ville le 20 août 1944. Les Milices patriotiques et les Femmes de France appellent à la mobilisation populaire.

    Le lundi 21, la garnison allemande de Montluçon reçoit le renfort d’une importante colonne venue de Moulins : un détachement sort alors de la caserne Richemont pour se rendre jusqu'aux abords du pont Saint-Pierre où il se heurte aux FFI. Beaucoup de maquisards trouvent alors la mort. Le 22, les Allemands mettent le feu aux maisons de la rue des Goncourt pour se dégager. Le 23 est assez calme. Le 24 août, une colonne allemande venue de Guéret permet à la garnison d’évacuer dans la soirée la caserne. Le 25, la compagnie Michel (Emile Mairal), aidée d’autres groupements, arrête à Quinssaines une colonne allemande venue de Limoges et l’oblige à contourner la ville.

   Les Montluçonnais, hors de danger, peuvent fêter le 31 la liberté retrouvée. La libération de Montluçon a causé au moins 46 morts, dont on honore la mémoire tous les ans, fin août.

 

La manifestation du 6 janvier 1943

       La loi du 4 septembre 1942 met en place la Réquisition forcée de travailleurs. Les ouvriers du bassin montluçonnais sont directement menacés. Un premier départ de requis a lieu fin décembre 1942 sans incident notable. Les Jeunesses communistes, les groupements féminins, les socialistes et Libération-Sud décident de s'opposer à un second départ, 143 requis, prévu pour le 6 janvier 1943. Des tracts et des inscriptions au goudron permettent d'alerter la population.

      Le jour dit, il y a foule aux alentours de la gare de Montluçon, entre 2.000 et 3.000 personnes, surtout des femmes. Des manifestants se couchent sur la voie. D'autres incitent les requis à descendre. Le chauffeur et le mécanicien du train ne veulent pas prendre le risque d'écraser les manifestants et refusent d'obéir aux ordres du chef de gare qui est malmené par la foule. Les cheminots jouent d'ailleurs un rôle notable dans cette manifestation. La police locale, débordée, est relayée par les groupes mobiles de réserve qui menacent de tirer. Deux camions chargés de soldats allemands finissent par arriver de la caserne Richemont. Ces soldats pénètrent dans la gare baïonnette au canon. La foule se disperse alors rapidement. Le train part avec plusieurs heures de retard, avec à son bord seulement 37 travailleurs sur les 120 requis présents. Beaucoup sont repris le soir-même et doivent se résigner à partir pour l'Allemagne. Une trentaine de requis a réussi à échapper aux arrestations et doivent se cacher avant de rejoindre le maquis.

        La BBC, au cours du mois de janvier, fait part de la manifestation de Montluçon qui a donc eu un retentissement mondial. Si on ne peut pas parler d'une réussite éclatante, on peut affirmer sans se tromper que cette manifestation a eu valeur de symbole. Elle n'a d'ailleurs pas été la seule. La manifestation de Montluçon a cela de particulier qu'elle a eu lieu très peu de temps après l'occupation de la zone dite libre par l'armée allemande. Elle se place, de plus, dans une période intermédiaire, entre la loi du 4 septembre 1942 sur la réquisition des travailleurs et celle du 16 février 1943 qui met véritablement en place le Service du travail obligatoire (STO), un recrutement par classe d’âge. Un monument commémoratif a été réalisé en 1983 par Yves Girardeau pour rappeller le courage et la détermination des Montluçonnais face aux exigences de l'occupant. La mémoire de ce grand mouvement de protestation populaire du 6 janvier 1943 est rappelée chaque début janvier au cours d'une commémoration officielle. 

Le 8 mai 1945

  On parle souvent du 8 mai 1945, comme de la date de la capitulation allemande. En fait la capitulation totale de l'Allemagne nazie a eu lieu en deux temps : le 7 mai à Reims, le 8 mai à Berlin.

  La situation est assez confuse au printemps 1945. L’Allemagne occupe encore le Danemark, une partie de la Norvège et des Pays-Bas. Des « poches » allemandes existent encore en France. Berlin est encerclée par les troupes soviétiques. Hitler se suicide le 30 avril dans son bunker de la chancellerie du Reich.

  C'est le grand-amiral Doenitz qui succède à Hitler, avec le titre de président du Reich. Il prévoit des capitulations partielles à l'ouest et la poursuite des combats à l'est. Le 4 mai, le maréchal anglais Montgomery accepte la capitulation des forces armées allemandes du Nord-Ouest de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Danemark. Le général américain Eisenhower, commandant suprême du Corps expéditionnaire allié en Europe, exige-lui une capitulation totale sur tous les fronts. Doenitz est obligé de s'incliner.

  La capitulation est signée à Reims, le 7 mai, à 2 heures 41, au grand quartier général d'Eisenhower. Le général Jodl, chef d'état-major de la Wehrmacht, signe la capitulation sans conditions de toutes les forces allemandes. Le général  Susloparov signe pour les Soviétiques. Le général français Sevez est témoin en tant que chef d'état-major du général de Gaulle.

  Staline est furieux quand il apprend la nouvelle. Il exige qu'une nouvelle capitulation ait lieu, en présence du maréchal Joukov, au QG soviétique installé dans la banlieue de Berlin. Pour lui, la signature de Reims n'est qu’un préliminaire à celle de Berlin. La capitulation allemande du 8 mai est cette fois signée, un peu avant minuit, par le général de brigade allemand Keitel.  Le général de Lattre de Tassigny est témoin pour la France lors de cette cérémonie.  Les dernières poches de résistance allemandes en France se rendent les 8 et 9 mai.

 

   La date du 8 mai ne signifie cependant pas la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le Japon ne capitule que le 2 septembre 1945, après les bombardements atomiques d'Hirohima (6 août) et de Nagazaki (9 août).